Brûlures occulaires

Les trois grands types de brûlures

Survenue lors d’une combustion dégageant de la chaleur à distance (four, vapeur chaude…) ou brûlure directe par projection d’un liquide à haute température (eau chaude) ou d’une cigarette.

Souvent superficielles et peu grave au niveau oculaire : simple désépithélialisation cornéenne.

Cicatrise en quelques jours sans séquelle.

Parfois brûlures cutanées et des annexes associées (paupières, voies lacrymales)

Fig 1 : brûlures palpébrales par cigarette
  • Par acide (pH <6) : lésions d’emblée installées, ne progressent pas. Exemple : gaz lacrymogène
  • Par Base (pH > 8) les plus dangereuses +++ car le produit diffuse à travers les tissus et les lésions progressent avec des dommages pouvant survenir jusqu’à 48H après l’exposition au produit.

Coup d’arc : soudure à l’arc électrique sans lunette de protection.

Exposition solaire sans protection par verres solaires (kératite des neiges), lampe à UV.

Elles sont très superficielle, très douloureuse mais bénigne avec guérison sans séquelles en 24 à 48H.

Fig 2 : Kératite ponctuée superficielle après soudure sans lunette de protection =
« coup d’arc »

Circonstances de survenue

Agression (gaz lacrymogène)

Accident domestique

Accident du travail (surtout en milieu industriel, produits basiques +++

Examen d’une brûlure oculaire

Avant tout examen

Examen à la lampe à fente

Test à la fluorescéine

Objective les zones cornéennes et/ou conjonctivales fluo + désépithélialisées : plus l’extension est importante, plus la brûlure est grave.

Fig 3 : Brûlure chimique avec ulcération fluo + cornéenne étendu

Opacité stromale cornéenne

Superficielle dans les brûlures thermiques et par acides, elles peuvent être importantes avec des séquelles lourdes pour les bases.

Examen des culs de sac conjonctivaux

Risque de symblépharons : synéchies entre la conjonctive tarsale et bulbaire avec raccourcissement des culs de sac et mal occlusion palpébrale. Il y a alors un risque de kératite d’exposition. Si la brûlure est très sévère on met en place des conformateurs conjonctivaux.

Examen du limbe

Rouge avec vaisseaux hyperhémiés = bon signe car témoigne d’une vascularisation préservée.

Blanc (œil « porcelaine ») = gravité, témoigne d’une ischémie limbique avec mort des vaisseaux et des cellules souches ne pouvant plus ré-épithélialiser la cornée. Il y a un risque d’ulcération chronique avec perforation par kératite neuro-trophique.

Fig 4 : Brûlure cornéenne sévère avec ischémie limbique et cornée porcelaine.

Fig 5 : Ulcération pré-perforative (descmetocèle) post brûlure cornéenne

Pronostic et traitement

Pronostic

La gravité et le pronostic dépendent :

De la précocité et de la qualité du rinçage (toujours effectuer un nouveau rinçage à l’arrivée du patient en milieu hospitalier même si celui-ci déclare en avoir déjà effectué un)

Du type de produit projeté : produit basique plus grave qu’acide

Ne pas hésiter à appeler le centre anti poison pour connaître le pH et la composition du produit.

On se retrouve souvent devant deux extrêmes :

Traitement

Dans les cas les plus graves :

Urgences

Ophtalmologie

Chirurgie orale

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